A propos

L’économie de l’Afrique sub-saharienne est en pleine mutation. Souvent synonyme de risque pour les investisseurs venus d’autres continents, l’Afrique voit aujourd’hui des forces puissantes de changement se mettre à l’œuvre. Depuis le début des années 2000, la vision de l’avenir du continent a complétement changé, et au-delà des clichés passéistes toujours présents, une nouvelle réalité économique africaine a vu le jour.

Une décennie de grands changements

Durant la dernière décennie, le rôle prépondérant des organisations internationales dans la gestion ou la stabilisation des conflits et dans l’assistance aux populations locales ont permis une amélioration significative des conditions de vie de la population africaine. Les principaux indicateurs de développement humain sont éloquents : le nombre des conflits est allé décroissant sur le continent (-38%), la pauvreté recule de 20% entre 1991 et 2008, le Sida de 47% entre 2001 et 2008,  l’espérance de vie a été allongée de 48 à 53 ans pour un homme  et de 51 à 55 ans pour les femmes entre 2000-10.

Sur la scène politique, cinq transitions de pouvoir ont conforté des régimes démocratiques majeurs durant les dix dernières années : Ghana, Nigeria, Kenya, Sénégal, Zambie. Les récentes élections au Kenya 2013, Ghana 2012, Nigeria 2011 ont vu une nouvelle génération d’hommes politiques de 50/55 ans entamer un premier mandat. Ce nouvel élan de la sphère politique, a été analysé par le « Center for systemic Peace » qui recense aujourd’hui deux fois plus de démocraties en Afrique qu’en 2000.

Jadis mis au ban de l’économie mondiale, l’Afrique recouvre progressivement sa place sur la scène internationale depuis 20 ans. La croissance de la zone sub-saharienne s’est stabilisée durant les années 2000 autour de 6% ; les récentes projections du FMI laisse entrevoir des taux de croissance du même niveau durant les 5 prochaines années. Cette croissance qui a démontré sa résilience en 2009 (+4%  de croissance), devrait être soutenue par une population active en plein essor qui dépassera celle de la Chine à horizon 2030 (sources : Nations Unies).  D’après le FMI, en 2013, 70% des économies au plus fort taux de croissance dans le monde se trouvent en Afrique.

De fortes perspectives de croissance

Après une décennie de forte croissance, les fondamentaux macro-économiques des principaux pays de la zone se sont assainis. Les niveaux de dette rapportés au PIB apparaissent maitrisés (14.7% Nigéria, 47.2% Kenya et 44.9% Ghana), l’inflation en baisse continue (11.44% Nigéria, 9.9% Kenya, 9.8% Ghana) et les réserves de devises excédentaires croissantes (44.2 Mds$ Nigéria, 4.76Mds$ Kenya et 5 Mds$ Ghana)[1].

Dans ce contexte de croissance accélérée de l’économie, de nouvelles opportunités d‘investissements voient naturellement le jour. Les perspectives de croissance du bassin de consommation attirent  les investisseurs internationaux, et des sociétés comme Unilever, Nestlé ou SABMiller ont d’ores et déjà annoncé des plans d’investissements pour développer des marchés locaux leur offrant de nouveaux débouchés. Pour leur part, les principaux acteurs panafricains ont déjà pris la mesure de ces nouvelles opportunités et ont développé de manière croissante leur exposition à la zone sub-saharienne depuis une décennie : MTN Group (Telecom, Afrique du Sud) dispose d’une emprise forte sur le marché nigérian des télécoms, Ecobank (Bank, Côte d’Ivoire) s’affirme comme un groupe majeur dans le paysage bancaire africain (présence dans 34 pays).

Une attractivité retrouvée

Malgré cela, les clichés demeurent (guerre, sida, instabilité), et n’ont pas été réactualisés à la lumière des évolutions majeures réalisées depuis lors. L’Afrique est, à ce jour, le dernier continent encore en proie à des clichés aussi tenaces et ce contrairement à bon nombre de pays considérés comme « émergents ».

A titre d’illustration, les Une de la revue internationale The Economist nous semble résumer cette évolution majeure de la perception de l’Afrique par l’opinion publique internationale :

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En 13 ans, la vision de l’avenir du continent a complètement changé. Les fondamentaux économiques de la zone africaine subsaharienne ont évolué, le développement de sociétés civiles s’appuyant sur des consommateurs est en marche et une certaine stabilité politique est en train de s’affirmer. Ce nouvel élan s’appuient notamment sur une nouvelle classe dirigeante africaine familière des problématiques de gouvernance et qui a conscience des enjeux et de l’opportunité qui s’offre à l’Afrique aujourd’hui.

Au final, investir en Afrique en 2013 revient à avoir une vision du XXIe siècle et de ses évolutions  majeures. Les principales puissances économiques africaines ont d’ores et déjà acté les changements économiques et politiques, aussi nous sommes convaincus qu’il convient aujourd’hui de revisiter bon nombre de clichés périmés et de se projeter plus en avant vers l’ultime frontière.

 


[1] Source Standard Bank. Données arrêtées à fin 2012.

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