Les bourses africaines à la conquête des investisseurs étrangers

NSE

Le Nigerian Stock Exchange va entreprendre du 1er au 5 décembre un Road Show en Asie via les principales places financières locales : Singapour, Hong Kong et Pékin. La bourse nigériane espère améliorer sa visibilité hors Nigéria et séduire de nouveaux investisseurs étrangers.

Dans le cadre de son développement, la place boursière multiplie les événements lui offrant une grande visibilité auprès des investisseurs internationaux. Dans des pays déficitaires en capitaux pour financer leur dévelopement, la bourse est un vecteur d’inflow de capitaux, garant de pratiques de la gouvernance aux standards internationaux et d’une certaine transparence (états financiers, auditeurs etc..). Pour ce faire, le  Nigeria a structuré depuis 1999 la  SEC (Securities and Exchange Commission), comme principale institution de régulations du marchés des capitaux sur un schéma pratiqué aux USA. Depuis quelques années, ce travaille porte ces fruits, les volumes traités sur ce marché augmentant de 287% entre 2009 et 2012. En 2014, les investisseurs étrangers représentaient 54.7% des volumes échangés.

Afin d’attirer les investisseurs étrangers, le Nigéria multiplie les actions internationales. Outre le road show asiatique, le NSE a signé mardi 18 novembre un accord de partenariat avec la bourse londonienne (LSE). Celui-ci doit en permettre un renforcement de la coopération entre les deux places via notamment des doubles cotations. Un tel accord permettra aux grandes entreprises nigérianes d’être accessibles tant aux investisseurs nigérians qu’internationaux. En avril 2014, l’entreprise Seplat avait notamment pu lever 500 millions de dollars en s’introduisant simultanément sur les deux bourses.

Les bourses africaines, telles que le Nigéria, ont à ce jour un statut de marchés frontières. Un des enjeux majeurs des prochaines années pour ces bourses est d’accéder au statut de marchés émergents, et ainsi accroître leur visibilité et le volume des capitaux entrants.  L’ambition est de taille, et requiert de doubler la taille de son marché de capitaux. Aussi, dans la lignée de la politique ambitieuse menée par d’autres pays africains (Kenya en tête), la SEC nigériane propose un plan d’action en créant notamment des compartiment croissance (PME), en structurant une offre d’ETF et en facilitant le développement d’une finance islamique nigériane. Au final, il est tout à fait remarquable de constater que lucide sur les besoins en capitaux pour des pays structurellement déficitaires, les dirigeants des pays africains oeuvrent à la notoriété et l’accessibilité des bourses locales parallèlement à d’intensives politiques de développement d’une industrie de fonds de pension.

 Pour aller plus loin 

Le partenariat NSE/LSE

Le roadshow asiatique